Après avoir dépoussiéré les répertoires baroque, classique et romantique, John Eliot Gardiner explore à présent la musique du XXe siècle. A la tête du London Symphony Orchestra, il dirige deux œuvres d’Igor Stravinski : Apollon musagète et Oedipus Rex. Ces deux partitions appartiennent à la période néo-classique du compositeur russe, celle qui a vu naître notamment Pulcinella et The Rake’s progress. Créé en 1928 sur une chorégraphie de George Balanchine, Apollon musagète est un ballet aux mélodies délicieusement archaïques. On y perçoit, dès le prologue en forme d’ouverture à la française, l’influence des maîtres baroques. Plus ambitieuse est l’œuvre Oedipus Rex, créé en 1927. Une partition difficile à définir, à mi-chemin entre l’opéra et l’oratorio, composée sur un magnifique livret de Cocteau. John Eliot Gardiner est en terrain conquis avec le Monteverdi Choir et le London Symphony Orchestra, dont il est l’un des chefs fidèles. Quant à l’actrice Fanny Ardant, elle tiendra la partie de récitante d’Oedipus Rex, en remplacement de Charlotte Rampling.